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Personnages
Capitaine Maurice Mordant
capitainemauricemordantMaurice Ernest MORDANT est né le 18 février 1874 à Fressines, canton de Celles, dans les Deux-Sèvres. Il était le fils du pasteur Ernest Mordant et de Blanche Eléonore Poullard.
Le 15 novembre 1902, il a épousé à Luneray, Elisabeth, Cécile Ouvry. De leur union sont nés sept enfants.
Etat des services militaires : Le 16 novembre 1895, il était soldat 2° classe au 108°R.I., puis il est devenu caporal le 11 juin 1896, sergent le 11 décembre 1896, sergent fourrier le 12 août 1897, sergent-chef le 28 décembre 1897. Il est entré en tant qu’élève officier à l’Ecole Militaire de Saint-Maixent le 12 mars 1899 et il en est sorti 2ème sur 307. Ensuite, il a été sous lieutenant au 4ème régiment de zouaves le 1er avril 1900, puis lieutenant le 1er avril 1902. Il a été promu capitaine au 72ème R.I. le 10 octobre 1913.
Il a participé aux campagnes de Tunisie du 2 avril 1900 au 9 novembre 1904 et contre l’Allemagne du 2 août au 8 septembre 1914, date de sa mort.
Il a été décoré de la Légion d’honneur, de la Croix de guerre avec palme et de la Nichaniftikar (Tunisie).

Le 2 août 1914, c’est la mobilisation générale. Le Capitaine Mordant quitte Amiens en train vers Dun sur Meuse. Du 5 au 20 août, il se trouve dans la région de Stenay puis il marche sur Virton, en Belgique. C’est là que les premiers obus allemands éclatent autour de sa compagnie, la 8ème. Les régiments doivent se replier et battent en retraite sur l’Aisne puis vers la Marne les 3, 4 et 5 septembre. La 8ème compagnie s’installe alors à Pargny.
Le 6 septembre, des combats d’une extrême violence éclatent. Les Français ont l’ordre d’empêcher les Allemands de franchir le canal et la Saulx. Pargny est en flammes.
Le 7 septembre, la ligne de défense du canal doit être reportée sur la voie ferrée et le passage à niveau . Vers 17h, l’ennemi occupe une ligne tracée exactement par la rue Arthur Hannequin et la rue de l’Ajot. L’ennemi attaque pendant la nuit, mais sous un feu nourri, il recule. Il subit, en peu de temps, de nombreuses pertes.

Au petit jour, le 8 septembre, des coups de feu éclatent et deviennent de plus en plus nombreux. Les Allemands tirent des fenêtres et des toits des maisons de la rue Arthur Hannequin, sur tout le front. Les soldats français sont le long de la voie ferrée. Le tir devient général, des deux côtés. C’est alors que le Capitaine Mordant trouve la mort, frappé par une balle, vers 9h du matin, alors qu’il se trouvait à l’angle de la route de Sermaize et du Chemin Cordier.
Le soir, quand sa compagnie se regroupe dans le terrier, son effectif, qui était de 235 hommes la veille, est réduite à 75 hommes.
 
Arthur Hannequin
Arthur Hannequin Il est né le 27 octobre 1856 à Pargny-sur-Saulx (Marne). Son père était instituteur public puis receveur des postes.
Arthur Hannequin a fait ses études au collège de Vitry-le-François, au lycée de Reims et au lycée Louis le Grand à Paris. Licencié des lettres à
21 ans, il se marie puis il enseigne Ă  Revel.

En 1879, à 22 ans, il était professeur de philosophie au collège de Wassy (Haute-Marne). Il fut reçu le premier à l’agrégation de philosophie en
1882. Il professe Ă  Bar-le-Duc puis Ă  Amiens.


En 1885, il est chargé de cours à la faculté de lettres de Lyon et en 1891, il reçoit la chaire de l’histoire des sciences à la faculté de médecine. Il
soutient sa thèse de doctorat en 1895 : Essai critique sur l’hypothèse des atomes dans la science contemporaine. Cette publication a été
citée comme « une œuvre considérable qui restera et fera honneur au XIXème siècle ». Les documents indiquent qu’« Arthur Hannequin a été l’un
des tout premiers, sinon le premier, des métaphysiciens de notre temps ».


Il devait obtenir la chaire d’histoire générale au Collège de France, mais son mauvais état de santé l’empêcha de donner suite (1903). Il avait été élu membre correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques le 21 décembre 1901. Un médaillon a été inauguré à sa mémoire le 30 janvier 1912 dans les salles de philosophie de la faculté de Lyon. Il a publié un Cours de philosophie, 1890 ; des études sur Descartes, Spinoza, Hobbes, Leibniz ; une centaine de pages dans l’Histoire naturelle de la langue et de la littérature de Petit de Julleville ; deux articles dans la Revue de métaphysique et de morale. Il a édité Morale à Nicomaque, d’Aristote, 1886. Ses œuvres ont été rassemblées avec une introduction de J Grosjean : Etudes d’histoire des sciences et d’histoire de la philosophie, 1908, 2 vol.
Il fut décédé le 5 juillet 1905, à l’âge de 48 ans, et fut inhumé au cimetière de l’église de Pargny-sur-Saulx. (Sa tombe est la première près de la sacristie).

« Il fut un excellent homme, d’une extrême affabilité, et tous ceux qui l’approchèrent se souviennent de son caractère droit et de son intelligence d’élite. Des voix autorisées, celle de Monsieur Cléda, le doyen de la Faculté des Lettres de Lyon et de Monsieur Ferdinand Brunot, professeur à la Sorbonne, s’élevèrent sur sa tombe et firent le plus bel éloge de ce maître, de ce savant dont la perte est vivement ressentie dans l’Université ».

Arthur Hannequin était Chevalier de la Légion d’honneur, Officier de l’instruction publique et correspondant de l’Institut.

Sources :
Larousse du XXème siècle en six volumes
Bibliothèque Carnégie, Reims
Etat civil de Pargny
Dictionnaire biographique et historique illustré (Flammarion 1907)
Bulletin des Amis de l’université de Lyon, 19ème année, 1905-1906, p 105-19, 161-83 ; 26ème année, 1912-1913, p 1-28. H. Blémont
Dictionnaire de biographie française. Tome 17